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Gravir et vivre le Kilimanjaro !

ascension Kilimandjaro

Pousser ses défis à l’extrême, confronter ses peurs et croire en ses rêves, Amine a bien réussi ce challenge. Aujourd’hui, il revient sur cette expérience agréable : l’ascension du Kilimandjaro, point culminant de toute l’Afrique.

CHOIX DE L’AGENCE

Les différentes voies qui mènent vers le sommet Uhuru Peak (point culminant du Kilimandjaro à 5895 m) prennent plusieurs jours (de 4 jours à 7 jours).

Puisque le Kilimandjaro ne peut se faire sans une agence agréée, j’avais effectué de nombreuses recherches avant de sélectionner une agence locale tanzanienne, KILI HEROESADVENTURES.

Résultat : Plus de 30% d’économies et surtout la sensation que ce voyage serait synonyme d’authenticité, d’aventure, de culture et de découverte.

Bien entendu, j’avais effectué un contrôle de références auprès de voyageurs qui venaient de réaliser l’ascension via KILI HEROES ADVENTURES et sans surprise, les retours étaient positifs.

Dès notre mise en relation via whatssap, Franck, le directeur de l’agence, m’a orienté vers la voie MACHAME dont la diversité, rend le voyage unique d’une étape à l’autre.

Franck est exceptionnel ; lorsque je lui avais posé la question de savoir combien de fois il avait pu fouler le sommet, il m’a répondu : « un nombre incalculable parce que j’ai débuté voilà plusieurs années en tant que porteur ; puis je suis devenu guide avant de co-diriger cette agence »

J’ai déboursé 1400$ pour les frais d’agence dont près de 40% sont imputables aux taxes d’entrée dans le parc (650$) et le reste à la logistique durant l’ascension. Cela comprend les guides, les porteurs, les vivres, les tentes, le matériel de secours, les nuits d’hôtel d’appoint avant et après l’ascension, les transferts….J’avais lu que le paquetage est hissé par les porteurs de l’agence jusqu’au camp de base à plus de 4600 m.

Il ne me restait qu’à sortir mon carnet de voyage pour m’initier à la langue SWAHILI en apprenant les 100 mots et expressions indispensables. En effet, parler la langue locale m’a toujours offert des opportunités inédites ; déjeuner chez l’habitant, négocier des meilleurs tarifs pour divers achats, partager des souvenirs…

UN BON PLAN DE VOL VOUS FAIT ÉCONOMISER DU TEMPS ET DE L’ARGENT

Bien qu’il existe un aéroport international tout près du Kilimandjaro, j’ai opté pour un vol qui m’a fait économiser plus de 40% par rapport aux autres options : Marseille – Nairobi (au Kenya) via une courte escale dans un pays européen.

J’avais aussi anticipé la file d’attente des visas au Kenya en le prenant directement sur internet cinq jours plus tôt via E-Visa.Cela m’a coûté 50$.

Depuis l’aéroport de Nairobi, une navette (bus) m’attendait pour me prendre directement à Moshi (point de départ de l’Ascension) en 6 heures.

LA NAVETTE

Le point de départ est Paul Caffé (à ne pas confondre avec Chez Paul) et Peter, le commercial de l’agence RIVERSIDE m’avait proposé des tickets pour me rendre en bus à ARUSHA et MOSHI (villes au Nord de la Tanzanie).

J’avais là aussi déjà réservé mon trajet en ligne. Le coût est de 40$ l’aller simple. J’avais prévu des petites coupures en dollar et en monnaie locale pour les pourboires et les indispensables (lingettes, eau, fruits secs…). Le change peut se faire directement auprès des bureaux à la sortie du terminal « Arrivals » de l’aéroport.

La plupart des passagers se rendent à ARUSHA. C’est aussi le point de départ pour effectuer les SAFARIS.

1h30 après avoir quitté Nairobi, au milieu des formes nuageuses qui parsèment le ciel azur, j’avais aperçu une couleur d’un blanc différent et d’une forme ovale : Le KILIMANDJARO se dévoilait timidement.

Face à mon émerveillement, Dileep, originaire du Pradesh en Inde, s’est mis à me parler de son ascension qu’il avait effectuée deux ans plus tôt en me montrant de très belles photos. Il m’a raconté avoir eu très froid.

Dileep était venu s’installer à Arusha en 2014. Il m’avait appris qu’une grande communauté indienne est établie en Tanzanie et opère essentiellement dans le commerce.

Au fur et à mesure que nous nous approchions de la frontière, une colonne de nuage donnait au Kilimandjaro les aires d’un volcan en éruption.   

Le bus avait dû s’arrêter à de nombreuses reprises en plein milieu de la route pour laisser passer un troupeau de chèvres ou de vaches précédées par leur berger Masaï. Leur coupe de cheveux, leurs habits et leur fameux bâton m’avaient plongés dans le côté féerique du voyage.

Avant de grimper dans le bus, j’avais anticipé les pauses pipi et prévu un coussin car Peter m’avait bien précisé que le bus ne s’arrêterait qu’à trois reprises :  

Premier arrêt dans une boutique improvisée à 5 km de la frontière où j’ai pu me rafraîchir sans me laisser tenter par les souvenirs à l’authenticité douteuse et au prix exorbitant (ex : porte-clés à 8$).

Second arrêt au poste frontière avec la Tanzanie où j’ai dû récupérer mes bagages installés sur le toit du bus et les faire inspecter.

Le temps de passage des trois différents contrôles prend au total une heure : vaccination, police des frontières kenyane puis tanzanienne (avec récupération du visa 50$) avec le fameux rituel des empreintes.

Une fois la frontière passée, nous contournions le Mont MERU, volcan qui culmine à 4565m. Sur le côté de la route, entre deux villages, des femmes s’activaient en transportant sur la tête divers objets.

Au troisième arrêt à ARUSHA, le bus s’était vidé et j’avais pu faire rentrer mes bagages à l’intérieur pour la destination finale, MOSHI.

PREPARATION

Je savais que le Kilimandjaro m’éprouverait et j’avais débuté l’entrainement plusieurs mois à l’avance. Au programme, deux footings de 45min minimum par semaine suivis d’une séance de renforcement musculaire. Il est évident que si j’habitais près de vallons ou de reliefs, j’en aurai profité davantage.

En bonus, une bonne alimentation et un nouveau réflexe : ne plus prendre l’ascenseur (heureusement que je ne vis pas à New-York !).

Aussi, j’’avais suivi à la lettre la liste d’équipements recommandés par l’agence pour mettre toutes les chances de mon côté. 

DEROULEMENT ET SENSATIONS

Après un débrief effectué la veille par nos guides, Magnus et Dani, nous avons débuté l’ascension le 28.02.2019 à 13h20 depuis Machame Gate à 1800m.

Notre groupe comprenait 2 guides, 6 porteurs et un cuisinier, Arnold.

Première journée

Le rythme de progression était en moyenne de 10 km de marche par jour durant lesquels nous gagnions 1000m en altitude. Inutile de signaler que les porteurs allaient deux fois plus vite que nous. Cela leur donnait la possibilité d’installer les tentes et de préparer le nécessaire.

Le parcours exceptionnel qu’offre le parc du Kilimandjaro vous offre la possibilité d’éprouver des difficultés nouvelles à chaque étape tout en vous émerveillant de la diversité des paysages.

Le premier jour est marqué par une marche de 11km sous un climat chaud et humide à travers la forêt. Magnus et Dani nous montrent une fleur endémique, la flower Impatiens kilimanjari ou l’elephant trunk; D’autres fleurs exceptionnelles comme la Dracaena Afromontana ou la fleur de la paix colorent ce chemin jusqu’au Machame Camp à 2835m.

Le chant des oiseaux accompagne les premières lueurs du jour et je ne cesse de contempler le Mont Kibo qui porte le sommet du Kilimandjaro. J’ai l’impression qu’il est juste là, à quelques centaines de mètres ; il me semble atteignable et pourtant….

La deuxième journée

Elle débute avec une pente très raide qui nous demande de fournir des efforts durant plus de 4h30. Ces 5km d’étape en direction du Shira Cave Camp (3750m) ont été éprouvants.

À l’arrivée, de grands corbeaux à nuque blanche nous ont accueillis avec des croassements. Le relief est moins dense et le vent est plus fort.

Le troisième jour

Au 3ème jour, je ressentais les effets du manque de sommeil en raison des nuits peu confortables.

Au petit matin, nous nous étions mis en route pour une étape déterminante : l’acclimatation au Lava Tower Camp (4600m) durant les deux heures du déjeuner avant de rejoindre le Barranco Camp.

Au total, nous avons marché 12 km au milieu d’un paysage marqué par la présence de nombreux Dendrosenecio.et sous une neige dont les flocons étaient aussi fins que des grains de sable.

Quatrième jour

Au 4ème jour, nous prenons la direction pour le camp de base à 10km (4673m). C’est l’ultime étape avant le sommet.

D’emblée, nous grimpions à l’aide de nos bras et de nos jambes de grands rochers durant 40 minutes. Parfois le passage était si étroit qu’il fallait coller son visage sur la roche ; d’ailleurs, les porteurs ont baptisé un rocher le Kiss Rock où chaque grimpeur doit déposer un baiser pour obtenir une bénédiction.

Après avoir marqué une courte pause au Karanga Camp pour le déjeuner, j’avais réuni mes dernières forces. Mon genou gauche commençait à siffler et j’étais dépité par les fausses joies. Derrière chaque virage, je me disais que nous étions arrivés avant de me rendre compte qu’un nouveau kilomètre venait de s’ajouter.

De plus, je m’étais rendu compte que j’avais adopté un rythme lent à raison de deux pas pour une respiration.

Alors que le temps était plutôt ensoleillé, une tempête de neige s’était soudainement abattue sur le Camp de base (appelé aussi Barafu Camp).

Ce soir-là, le stress avait commencé à se manifester, malgré les encouragements et les conseils de Magnus. L’ascension finale débuterait à 00h00.

Equipé de ma lampe frontale, j’empruntais un chemin enneigé qui est tout d’abord, marqué par la présence de rochers à grimper durant 45 min, avant de se transformer en un interminable chemin étroit et sinueux qui monte vers les étoiles.

L’ascension était extrêmement éprouvante et le rythme devenait de plus en plus lent ; jusqu’à qu’il devienne un pas pour une respiration.

Magnus m’invitait à ne pas allonger les pauses en raison du froid et de son impact sur le moral. Ce dernier venait d’être marqué par les cris hystériques d’une jeune allemande qui souffrait semble-t-il des symptômes du mal de l’altitude. Elle toussait violemment, avait du mal à respirer puis criait pour que son guide et ses amis la laissent tranquille.

Je marchais depuis plus de 5h30 pour atteindre le premier objectif Stella Point (5739m), lorsque je me suis mis soudainement à pleurer. Je ne comprenais pas immédiatement ce qu’il m’arrivait. Puis au bout de 30 secondes, j’ai compris que mon corps n’en pouvait plus mais que mon esprit avait pris les commandes pour arriver jusqu’au Sommet.

À 06h00, je marquais une courte halte pour assister au lever du jour depuis Stella Point. Je savais que la dernière courbe était relativement facile et que la pente était moins raide.

Je sentais mes forces revenir au fur et à mesure que la chaleur des rayons de soleil me caressait.

À 07h00, j’arrivais au Sommet de Uhuru Peak (Sommet de la Liberté). Mon regard balayait le panorama saisissant : derrière les glaciers qui protègent les sommets de la morsure du soleil africain, une mer de nuage était à mes pieds et mon esprit était dans les étoiles.

Conseils importants

Pour éviter le mal de l’altitude pouvant engendrer une perte soudaine de l’appétit et des maux de tête, j’avais suivi à la lettre les directives de mes guides :

  • Boire chaque jour 3 à 4 litres d’eau et adopter un rythme d’ascension polé -polé (lentement en Swahili)
  • Avoir des paracétamols à portée de main
  • Ne pas hésiter à solliciter son guide pour effectuer des examens réguliers (taux d’oxygène dans le sang, rythme cardiaque…).
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